lundi 19 octobre 2009

Richard Gasquet : la casquette entre 2 chaises

Il y a encore peu de temps, on aurait eu du mal à se distinguer de la foule et des experts en disant que Richard Gasquet était le fameux ex-futur numéro 1 Français, espoir qui n'a jamais vraiment explosé, bien que nous aurions aimé trouver matière à en parler différemment. Mais son année 2009 devrait par elle même le suivre plus longtemps que ces résultats jusque là et bien que les faits eux-mêmes portent à la critique c'est bien la tournure et la situation dans laquelle se trouve le joueur qui nous font réagir aujourd'hui. Alors justement avant de passer aux frasques des derniers mois, rappelons qui est Richard Gasquet.

Selon la légende wikipedienne il aurait commencé le tennis à 4 ans avec son père qui fut son entraîneur jusqu'en 2001 (il avait alors 15 ans). Ensuite, il est vite repéré comme étant le nouvel espoir Français du tennis.

Il devient en 2002, numéro 1 mondial chez les juniors et devient professionnel cette même année. Depuis 7 ans, il se distingue par son revers à une main de grande classe et des performances souvent en dents de scie avec l'impression qu'il lui manque un déclic pour atteindre le très haut niveau. Malgré cela en 2007 il est au top de sa carrière avec une 7e place mondiale (Juillet) et il comptabilise à la fin de l'été de cette même année 5 titres. Certes, dans des tournois assez modestes mais il confirme son potentiel. Par la suite il a du mal à confirmer et s'illustre de temps en temps par un manque de confiance et est maladroit dans son comportement comme par exemple en Coupe Davis en 2008 lors de la confrontation avec les Etats-Unis où il déclare forfait pour la 1e journée et le 4e match décisif. On se rappellera aussi dans ce fameux week-end qu'il allait dépasser son forfait texto avec plus de 500 envois en 2 jours.

L'année 2009 est laborieuse et les observateurs commencent à se demander comment il va enfin réussir à passer un cap pour gagner de grands tournois et bien figurer régulièrement en grand chelem. Mais c'est comme souvent dans le sport de haut niveau un événement extra-sportif qui vient chambouler complètement la carrière d'un joueur, pour Richard cela a lieu en mai dernier. En effet il est contrôlé positif à la cocaïne avant les Masters de Miami et ce qui aggrave son cas c'est qu'il n'avait pas déclaré forfait avant ce contrôle alors qu'il était blessé et n'allait donc pas participer à ce tournoi. De nombreuses hypothèses vont voir le jour quant aux circonstances de cette présence de drogue mais cela ne nous regarde pas, on l'on va se contenter de croire sur parole ce que dit Richard à savoir qu'il aurait roulé un patin à une certaine Pamela...très distingué !

Là où c'est assez injuste pour lui, et c'est ce qui fait que l'opinion est plutôt derrière lui, c'est qu'il a tout de suite reconnu sa faute et ajoutant qu'il n'a jamais était un consommateur régulier tout comme son aventure d'un soir, cela sera même vérifié par la suite. Il faut bien reconnaître qu'il a avoué tout de suite quelque chose que d'autres auraient mis des mois à cracher sous la pression.
Encore plus injuste mais c'est la loi du haut niveau, c'est que la quantité retrouvée dans son corps est infime et ne peut pas constituer une base de dopant véritable. Petit rappel scientifique de l'effet de la cocaïne sur l'organisme, et pour cela petite explication extraite du dossier sur nethorizon.chez.com/dopage/drogu.htm (dossier que l'on vous conseille par ailleurs si vous êtes sportif et héroïnomane par exemple).

"La cocaïne augmente l'excitabilité cellulaire ; c'est un véritable toxique agissant en tant que poison convulsivant de l'écorce cérébrale." Lorsque la drogue est prise par la bouche, son action anesthésiante de la muqueuse de l'estomac bloque la sensation de faim, ce qui peut être considéré par les dopés comme "intéressant" dans un acte sportif inférieur à quatre-vingt-dix minutes" La cocaïne a un effet excitant et défatigant. Lorsque l'intoxication n'est pas dans une phase avancée, elle donne des réflexes mieux ajustés. Elle procure une euphorie qui se double d'un sentiment d'invulnérabilité. Elle augmente la clairvoyance. En cela, ses effets sont assez comparables à ceux des amphétamines" " En résumé, l'usage de la cocaïne doit être proscrit chez le sportif."

Bon, évidemment, Richard Gasquet est loin de se reconnaître dans cette consommation mais voilà le genre de définitions dont dispose les législations pour prendre une décision quant à l'usage de produits "dopants" par les sportifs de haut niveau. Par conséquent, avant que Richard passe devant la juridiction antidopage compétente de la Fédération internationale de tennis qui l'a suspendu à titre provisoire depuis le 11 mai 2009, nous avons des raisons d'être inquiets pour lui et sa carrière quand on sait qu'en plus dans ce genre de cas les hautes autorités cherchent à donner un exemple (se rappeler Hingis ou les sud-américains pris à Rolland Garros par paquet). Pourtant, le 15 Juillet, le jury rend son verdict et se distingue par sa clémence en annonçant qu'à partir de ce jour, Richard peut reprendre la compétition. Une surprise pour le joueur lui même qui n'avait pas prévu de rejouer si tôt et est loin d'être affûté comme un mois de Juillet "classique" de tennisman.

Quel est le bilan de son come back forcé ? 11 matchs, 6 victoires, 5 défaites dont 3 contre des tops 10 et 2 contre des tops 20 (Nadal, Tsonga, Verdasco, Monfils, Ferré). Bon on peut dire ce qu'on veut, voici un bon retour quand on sait qu'il joue avec la peur de se faire encore sanctionner.

Car l'histoire n'est pas finie pour lui, et c'est là que c'est incroyable de laisser un joueur faire 5 ou 6 tournois avant de lui retomber dessus pour peut-être le sanctionner plus lourdement. Le joueur va repasser (le 10 Novembre prochain) devant un jury présidé par le Suisse Luc Argand du Tribunal Arbitral du Sport du fait du double appel de la Fédération Internationale de Tennis (FIT) et de l'Agence Mondiale Antidopage (AMA). Il risque, au maximum, 2 ans de suspension mais on peut penser que cette fois le résultat de l'enquête menée par la FIT va jouer en sa faveur car il a démontré qu’il n’était pas un consommateur régulier. On note que la FIT elle-même va rejuger à cause ou grâce, c'est selon, de l'appel déposé par l'AMA. On passe la plainte que Pamela elle-même à déposé contre Richard pour avoir sali son honneur tout ça, tout ça...

Voilà donc Richard cœur-de lion a quelques jours d'un moment clé de sa vie de sportif et de sa vie tout court, car si il arrive à surmonter tout cela et par la même ne pas écoper d'une sanction plus lourde il pourrait ressortir plus fort et enfin se concentrer sur ses objectifs sportifs. Car finalement, voici peut-être ce fameux déclic dont il avait besoin pour prendre conscience qu'il a dans la raquette un des meilleurs tennis du monde et qu'il lui suffit de pas grand chose pour y exceller.

2 commentaires:

  1. Très bonne analyse objective, il est à souhaiter qu'au lieu de l'abattre, cette affaire l'aura mûri, et le conduira à se dépasser, et à lui forger ce mental qui semble lui faire défaut.

    Bonne chance à Richard, je suis une biterroise qui le suit, et qui espère toujours.

    Croisons les doigts pour les résultats du 10 novembre....

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